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Au bout du bout de la dernière route le voyage se termine.
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Alors ? me demandes tu.
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Alors rien, ai je envie de te dire, rien, simplement que c'était bien.
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Pourtant à cet instant, à l'instant même où tu me parles, tout revient, le vent se lève dans ma
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tête, souffle les mots que je cherche à te dire, souffle vers le passé, je reprends la route, les
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gens m'appellent, sur la carte je montre d'où je viens, qui je suis, je déguste le thé, je repars, je
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roule lentement, traverse des paysages toujours renouvelés, à midi une halte de salade et de
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brebis mêlés, l'après midi, je rêve, sur mon vélo je rêve à des mots partagés, déjà le
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crépuscule est là et je dois dénicher cet endroit qui sera bientôt mien, là haut tiens là haut je
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l'aperçois, alors je me régale de la nuit, du peu d'eau versée, pour me laver, pour manger, surtout
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ne pas la renverser, puis je confie mes rayons à la lune, à la grande ourse mon corps fatigué, et
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alors le silence des montagnes se pose sur mes lèvres et je ne te dis rien. Je dis simplement
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que c'était bien.
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François
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